Etat de l'art
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Un exemple de récif corallien abimé. Moorea, Polynésie Française. Copyright CNRS / Thomas Vignaud
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La biodiversité d'un récif corallien. Mayotte. Copyright Thomas Vignaud
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Une Acanthaster planci sur une colonie corallienne. Copyright Thomas Vignaud
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Changement global
 

   Notre planète change, et l’espèce humaine contribue certainement à une grande partie du très discuté « Changement Global », via la modification du climat et une exploitation sans précédent des ressources naturelles. Même si les impacts futurs d’un tel changement sont discutés, il y a un consensus sur la nécessité d’investir dans des plans de conservations incluant l’Homme. Malgré de gros efforts (parfois fructueux, en particulier à échelle locale), la biodiversité, essentielle pour le maintien des processus écologiques, continue de décroître. Un des milieux les plus riches et les plus touchés de la planète est celui des récifs coralliens, qui sont de nos jours menacés à l’échelle globale. Les prédictions des conditions environnementales de ces milieux sont particulièrement alarmantes, mais il est probable que ces milieux sont en voie de modification, plutôt que de totale disparition. En effet, certaines espèces montrent déjà des tolérances particulières en réponse au changement climatique et au blanchissement corallien.

 

 

L’écosystème corallien
 

   La biodiversité et la productivité des récifs coralliens sont impressionnantes : recouvrant à peine 1% de la surface des océans, ils n’abritent pas moins de 25% de la vie marine. De plus, les structures coralliennes jouent un rôle important de « tampons » qui permettent de réduire considérablement l’effet d’érosion (régulier via les vagues, ou occasionnel via les cyclones par exemple) des côtes. On pourra également souligner que la valeur d’un kilomètre carré de récif corallien est estimée entre 100.000 et 600.000 USD$ par an ! (Source: UNEP-WCMC, 2006). L’importance capitale des récifs coralliens n’est plus à démontrer, et il est facile de comprendre le challenge que représente leur conservation, qui doit être considérée comme une priorité internationale.


 

Face au Changement Global
 

   La dégradation progressive des écosystèmes coralliens vient d’une accumulation de facteurs, tels qu’une trop forte pression de pêche, la pollution directe et indirecte et le développement littoral, parfois allant jusqu’à la destruction totale d’un récif (recouvert de roches et de sable pour le transformer en terres constructibles). Les stress peuvent être également naturels, causés par les cyclones, les tsunamis ou les éruptions volcaniques, et parfois les maladies (favorisées par la fragilité des coraux) ou l’explosion démographique de prédateurs, tel que l’Acanthaster planci. D’autres stress sont aussi globaux : réchauffement climatique, acidification des océans et augmentation du niveau de la mer. Nous pouvons également mentionner les méthodes de pêche destructives, la surexploitation de certaines espèces (par exemple pour le commerce en aquariologie), la non-gestion des flux de touristes, et espèces invasives… Ainsi, il est estimé que 20% des récifs coralliens sont déjà irréversiblement détruits, 25% sont en grand danger à court terme, et 25% le seront avant 2050. Il paraît évident que ces pressions, cumulées avec la diversité des stress qui touchent les récifs coralliens, appellent à de meilleurs plans de management qui peuvent bénéficier d’une avancée rapide de nos connaissances sur ces milieux.


 

La France dans le contexte des récifs coralliens
 

   En 2009, le Président français rappelait :
« … Ainsi la santé des écosystèmes lagunaires et coralliens est un élément fondamental du développement de nos pays, leur protection est gage de maintien d’une ressource essentielle et d’un développement endogène et durable. … Les conséquences anthropiques des changements climatiques (augmentation du taux de CO2, élévation du niveau de la mer, renforcement de l’acidification océanique et réchauffement climatique) seront particulièrement sensibles pour l’ensemble des pays du Pacifique et en particulier pour les pays insulaires. … Sur ces sujets, la France dispose d’un fort potentiel de recherche et d’innovation, qu’elle souhaite confronter aux expériences, savoirs et besoins des autres Etats du Pacifique. Je tiens à affirmer la volonté de la France et des collectivités françaises du Pacifique de renforcer la concertation et la coopération régionales entre les pays et territoires du Pacifique pour la progression des connaissances scientifiques et leurs applications en faveur d’une meilleure gestion des milieux et des ressources. … » (Extrait, Nicolas Sarkozy, discours d’inauguration du Pacific Science Inter-congress, 2 mars 2009).

   La France est en effet le 4ème pays qui possède le plus de surface de récifs coralliens dans le monde (cumulant de façon unique des récifs coralliens dans l’Océan Pacifique, Indien et Atlantique). Il est intéressant de noter qu’un seul hectare de récif corallien dans le Pacifique renferme plus de biodiversité que toute la France métropolitaine.

   Ainsi, l’état français a de nombreuses fois investi à juste titre dans les récifs corallien. Citons par exemple ses investissements via l’ICRI, l’IFRECOR, le CRISP et d’autres projets d’envergures.

   C’est dans la continuité logique de ces initiatives que s’inscrit le LABEX « CORAIL », qui reprend le rôle scientifique avec pour objectif de fournir une véritable plateforme de connaissance sur les écosystèmes coralliens, utilisée en perspective pour un meilleur management de ceux-ci. Coordonnant les travaux français, le Laboratoire d’Excellence CORAIL se hisse ainsi au niveau d'une lisibilité internationale, à égalité avec les grands laboratoires Australiens, Américain ou Japonais.

   De plus les grandes universités Françaises d’Outre-mer et les structures associées seront des partenaires privilégiés, permettant ainsi la création d’une plateforme tropicale française de connaissance et de possibilités de terrain.
 

   Un LABEX sur les récifs corallien regroupant 80% de la communauté française est cohérent.
 

   La recherche française sur les récifs coralliens est malheureusement trop dispersée, ne permettant pas à la communauté française d’avoir une très bonne lisibilité internationale. Le LABEX apporte une solution efficace à ce problème, regroupant déjà 80% des chercheurs actifs sur les récifs coralliens via 9 instituts qui cumulent, à titre d’exemple, 149 publications en 2009. Publiées sous le même label, elles classeraient le LABEX au 2ème rang mondial dans la recherche sur les récifs coralliens, juste après le Centre d’Excellence sur les Récifs Coralliens Australiennes, et loin devant les institutions Américaines ou Japonaises.


   Enfin, le projet du LABEX remplit les recommandations des Stratégies Territoriales pour les Outre-Mer (STRATOM) qui demandent un plan mieux coordonné et plus concerné, ainsi qu’un effort sur la recherche en Outre-mer : ce sera un des points forts du LABEX qui basera de nombreux doctorants, post-doctorants et chercheurs dans les territoires d’outre-mer.