Le Quotidien du LABEX


LES BOURSES DU LABEX CORAIL
PAULINE FEY
Doctorante | Université de Nouvelle Caledonie | CRIOBE | 2015-2018

Le LabEx CORAIL a octroyé en 2015 une bourse au projet de thèse RETROMAR portant sur l’étude de l’écosystème corallien des îles Marquises, en Polynésie française.

OBJECTIF : L’objectif principal de cette thèse est de caractériser le fonctionnement des réseaux trophiques côtiers marquisiens par une approche multi-traceurs (isotopes stables, acides gras marqueurs trophiques et isotopie sur composés spécifiques).

LA RECHERCHE : Dans ce cadre deux missions d’échantillonnage ont été réalisées sur l’île principale de l’archipel des Marquises: Nuku Hiva. Nuku Hiva présente l’avantage d’être positionnée dans la zone des Marquises où les processus physiques et biologiques sont généralement les plus intenses. Les eaux de surface y sont mieux mélangées, plus riches en éléments nutritifs et ont des concentrations en Chl-a (proxy du phytoplancton) en moyenne trois fois supérieures que la zone sud. Cette île présente également, avec Ua Huka, les plus grandes diversités en espèces pour la flore marine benthique.

Concernant les poissons côtiers, la diversité, la structure de taille et la structure trophique sont relativement similaires d’une île à l’autre et donc d’une région à l’autre. Les abondances sont toutefois plus fortes au nord de l’archipel et notamment autour des grandes îles. Ainsi, bien que l’étude d’une seule île ne permette pas de faire de projections précises sur l’ensemble de l’archipel, les caractéristiques évoquées précédemment font de Nuku Hiva un excellent modèle pour l’étude des relations trophiques du système côtier marquisien.

Les deux missions, l’une en août 2016 et la seconde en mars 2017, ont permis de collecter 2527 échantillons appartenant à différents compartiments trophiques.

LE ROLE DU LABEX : Ce projet, supporté financièrement par le LabEx, a permis de travailler et collaborer avec plusieurs scientifiques issus de différents laboratoires et institutions partout dans le monde: Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), EPHE-CRIOBE, Université de la Polynésie Française (UPF), IRD nouméa et Tahiti, Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), University of California-Davis, Université de La Rochelle LIENSs, Ifremer, Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) Aix Marseille.

Ma thèse en 180 secondes



LES BOURSES DU LABEX CORAIL
HENDRIKJE JORISSEN
Doctorante | EPHE (CRIOBE) | 2016-2019

En 2016, le LabEx CORAIL a octroyé une bourse doctorale au projet CORALINE portant sur l’étude des algues corallines et de leur importance pour le recrutement corallien à Moorea, en Polynésie française.

OBJECTIF : Le projet CORALINE a pour but de comprendre l’association intime algue coralline - corail.

LA RECHERCHE : Les algues corallines sont, après les coraux, les deuxièmes bâtisseurs des récifs coralliens. Pourtant, leur rôle est loin de se limiter à la construction de l'édifice corallien; elles pourraient avoir un rôle-clé comme attracteur de larves de coraux et contribuer à l’ensemencement du microbiome de ces derniers lors des premiers stades de vie. Le projet propose d’unir observations sur le terrain, expériences en laboratoire et techniques de pointe en génétique, microbiologie et écologie chimique et métabolomique environnementale pour caractériser la nature de l’interaction microbienne et chimique entre ces deux holobiontes.

Le projet s’intéresse également aux effets de l’acidification des océans en collaboration avec le projet ACID REEFS financé par la Fondation de France. Si l’augmentation de la température de l’eau de mer a des effets dévastateurs sur les récifs coralliens, il existe aujourd’hui un autre problème : l’acidification des océans (AO). En fragilisant le squelette des algues corallines et en modifiant leurs caractéristiques microbiennes et chimiques, l’AO pourrait entraîner un affaiblissement des structures coralliennes édifiées et une chute du recrutement corallien autour des îles tropicales et avoir des répercussions sur la biodiversité de ces écosystèmes et leurs services associés.

La doctorante Hendrikje Jorissen (EPHE), supporté financièrement par le LabEx, et l’ingénieur d’étude Yann Lacube (CNRS), soutenu par le projet ACID REEFS, travaillent sur ces sujets. Ils sont accompagnés par Anaïs Martin (étudiante à Paris Descartes) et Rachael Lamore (étudiante à California Polytechnic University). L’équipe a déjà passé plus que deux mois sur le terrain et ils ont collecté plusieurs espèces d’algues corallines. Celles-ci sont acclimatées dans des mésocosmes et exposées à différentes concentrations de CO2 dans les laboratoires du CRIOBE. Les expériences vont durer plusieurs mois au cours desquels les algues corallines seront mises en présence de larves de coraux. Des échantillons seront prélevés au cours des expériences et analysés en métropole.

LE ROLE DU LABEX : En plus de soutenir une équipe de recherche et de permettre la formation d’une jeune doctorante, le LabEx CORAIL va ouvrir de nouvelles portes sur la structuration et le fonctionnement des récifs coralliens et les effets des changements globaux sur les interactions entre organismes.