Le Quotidien du LABEX


ACTION INCITATIVE DU LABEX CORAIL
La concentration en diméthylsulfoniopropionate (DMSP) dans les coraux et les bénitiers varie selon les associations des espèces qui les entourent.
CRIOBE / ENTROPIE

LA RECHERCHE : Dans un article récemment publié dans la revue Scientific reports, de nouvelles recherches, menées au sein des unités CRIOBE et ENTROPIE et dans le cadre de l'action incitative SYNTOX financée par le LabEx CORAIL, avec les collaborations de l'Université de Hong Kong - Swire institute of Marine Science, du Cawthron Institute, de l’unité EIO et de l’Institut Lavoisier de l'Université Paris-Saclay UVSQ, mettent en évidence l'effet des assemblages benthiques sur le métabolisme du soufre chez deux espèces de coraux et chez le bénitier Tridacna maxima.

Pour mieux comprendre comment les assemblages d'espèces benthiques influencent leurs aptitudes et métabolismes respectifs, les chercheurs ont créé des assemblages artificiels composés d’une, deux ou trois espèces benthiques en utilisant deux espèces de coraux (Pocillopora damicornis et Acropora cytherea) et une espèce de bénitier (T. maxima) et ont notamment mesuré les concentrations de DMSP dans chacune des espèces présentes en utilisant la spectroscopie de résonance magnétique nucléaire (RMN). Le DMSP, produit en grande quantité dans les récifs coralliens, est un composé clé qui joue un rôle central dans le cycle du soufre marin et dans la régulation du climat en tant que précurseur majeur du composé volatil DMS. Les résultats de cette étude ont montré que la concentration de DMSP chez A. cytherea et T. maxima est modulée par la complexité des assemblages d'espèces.

Bien que le DMSP ait été trouvé dans des organismes terrestres et marins, seules quelques espèces sont capables de le produire, parmi lesquelles des algues marines telles que des dinoflagellés, des bactéries et des espèces de coraux. Pour déterminer si les bénitiers pouvaient également contribuer à la production de DMSP, l'équipe a analysé des transcriptomes de T. maxima pour y déceler des enzymes impliquées dans cette biosynthèse. Cette recherche a révélé l'existence dans le génome du bénitier de gènes homologues impliqués dans la production du DMSP.

Dans son ensemble, les résultats suggèrent que le métabolisme du soufre est modulé par les espèces avoisinantes, modifiant ainsi la concentration de DMSP dans les holobiontes étudiés. Les résultats de cette étude offrent de nouvelles perspectives pour les futures recherches à grande échelle sur le cycle du soufre.

LE ROLE DU LABEX : Le financement de cette étude a été assuré par le LabEx CORAIL, à travers le projet SYNTOX, et le CNRS. SynTox est une étude de l’effet antifouling et « warm killer » d’une association tri-espèces : origine(s) et nature(s) des molécules impliquées. De précédents travaux de ce projet avaient révélé que de l’association des coraux P. damicornis et A. cytherea et le bénitier T. maxima, résulte un effet antifouling (Guibert et al., Sc. Reports 2019 ; https://doi.org/10.1038/s41598-019-39268-1) et une sensibilité accrue des bénitiers à l'augmentation de la température de l’eau en présence d’A. cytherea (Guibert et al., Microbiome 2020 ; https://doi.org/10.1186/s40168-020-00835-8). Le projet dans son ensemble s’attache à dévoiler la source et la nature de(s) la molécule(s) responsable(s) des effets observés.

À propos de l'article de la revue

CITATION : Guibert I, Bourdreux F, Bonnard I, Pochon X, Dubousquet V, Raharivelomanana P, Berteaux-Lecellier V, Lecellier G. Dimethylsulfoniopropionate concentration in coral reef invertebrates varies according to species assemblages. Sc. Reports (2020) 10 :9922. https://doi.org/10.1038/s41598-020-66290-5

Crédit photo : Dr. V. Berteaux-Lecellier



ACTION INCITATIVE DU LABEX CORAIL
Le métabarcoding révèle des microbiotypes distincts chez le bénitier Tridacna maxima
CRIOBE / ENTROPIE

LA RECHERCHE : Dans un article récemment publié dans la revue Microbiome, des recherches originales menées au sein des unités CRIOBE et ENTROPIE, dans le cadre de l'action incitative SYNTOX financée par le LabEx CORAIL, avec les collaborations de l'Université de Hong Kong - Swire institute of Marine Science -, du Cawthron Institute et de l'Université James Cook, révèlent les effets des assemblages d'espèces benthiques sur le bénitier Tridacna maxima.

Pour la première fois, les chercheurs ont étudié l'influence des assemblages d'espèces benthiques sur la santé des bénitiers, avec ou sans augmentation de la température de l’eau. Pour ce faire, ils ont créé des assemblages artificiels de 3 espèces benthiques : deux espèces de coraux (Pocillopora damicornis et Acropora cytherea) et une espèce de bénitier (Tridacna maxima). Les résultats ont montré que l'état de santé des bénitiers dépendait des espèces avoisinantes. De plus, à l'aide d'une technologie de pointe de multiplexage de l'ADN, l'équipe a également étudié la communauté microbienne des bénitiers. Les chercheurs ont ainsi mis à jour que les bénitiers T. maxima de la population étudiée, recelait différents microbiotypes (groupe de bactéries spécifiques) dont l'un était lié à leur mortalité.

Le microbiome, fait partie intégrante des organismes multicellulaires et contribue à leur santé et à leurs performances physiologiques. Malgré un intérêt accru pour cet axe de recherche, peu de microbiomes d'invertébrés ont encore été étudiés. Le microbiome des bénitiers est particulièrement intéressant car les bénitiers sont exposés à une abondante et grande diversité de microbes conséquence de leur alimentation par filtration. La découverte de la structure spécifique du microbiome, détectable au niveau du genre, est la première description de microbiotype chez les invertébrés. Les résultats suggèrent que, tout comme chez l’homme, des facteurs génétiques pourraient dicter les microbiotypes chez les bénitiers.

L’équipe a découvert que la présence de certains coraux, en particulier de l’espèce Acropora cytherea, entraînait une sensibilité aiguë des bénitiers à l'augmentation de la température de l’eau, qui présentaient alors un taux de mortalité élevé. Les bénitiers sur le point de mourir étaient caractérisés par un microbiotype où les bactéries de la famille des vibrionaceae sont surreprésentées. De futures recherches exploreront la possibilité que le corail A. cytherea pourrait secréter des métabolites réduisant les capacités de défense du bénitier face à une infection de Vibrio.

Dans leur ensemble, les résultats de cette étude suggèrent que la composition du benthos des récifs coralliens, associée à une augmentation de la température de l'eau, pourrait avoir un impact négatif sur la santé des bénitiers et potentiellement sur celle d'autres organismes du récif. Ainsi, les résultats soutiennent l'idée que, à l’image des programmes de conservation et de restauration terrestres, la prise en compte de l'ensemble des assemblages benthiques devrait être inclue dans les stratégies de conservation marine.

LE ROLE DU LABEX : Le financement de cette étude a été assuré par le LabEx CORAIL, à travers le projet SYNTOX, et le CNRS. SynTox est une étude de l’effet antifouling et « warm killer » d’une association tri-espèces : origine(s) et nature(s) des molécules impliquées. De précédents travaux de ce projet avaient révélé que de l’association des coraux Pocillopora damicornis et Acropora cytherea et le bénitier Tridacna maxima, résulte un effet antifouling (Guibert et al., Sc. Reports 2019 ; https://doi.org/10.1038/s41598-019-39268-1 ). Ce projet s’attache à dévoiler la source et la nature de(s) la molécule(s) responsable(s) de ces effets.

Crédit photo : Lauric Thiault

Guibert, I., Lecellier, G., Torda, G. et al. Metabarcoding reveals distinct microbiotypes in the giant clam Tridacna maxima. Microbiome 8, 57 (2020). https://doi.org/10.1186/s40168-020-00835-8

VIDÉO : https://dx.doi.org/10.21203/rs.3.rs-24592/v2 (English)



LES BOURSES DU LABEX CORAIL
Lewis CELANIE | Étudiant, Master 2 BEE
Université des Antilles / UMR BOREA | 2020

En 2020, le LabEx CORAIL a attribué une bourse de stage à Lewis CELANIE, étudiant en Master 2 BEE (Biodiversité, Ecologie, Evolution) option Ecologie Marine Tropicale à l’Université des Antilles ( Photo 1 ). Ce stage de 6 mois est co-encadré par Charlotte Dromard (UA-BOREA), Etienne Bezault (UA-BOREA) et Françoise Denis (MNHN-BOREA).

CONTEXTE DU STAGE : les diverses perturbations d’origine anthropique qui pèsent sur les récifs coralliens ont entrainé et maintiennent l’occurrence du phénomène de « coral-algal phase-shift ». Dans la Caraïbe, les poissons herbivores (Acanthuridae et Scaridae) sont à présent considérés comme les principaux acteurs de la régulation de la biomasse algale sur les récifs ( Photo 2 ). Ainsi, il est crucial de comprendre la biologie et l’écologie de ces poissons, en abordant des questions de diversité génétique, de dispersion, de plasticité alimentaire, de compétitions intra- ou inter-spécifiques, de complémentarité et de redondance écologique entre les espèces.

OBJECTIF : les objectifs principaux de ce stage sont de 1) déterminer et comparer les niches isotopiques et 2) identifier la structuration génétique de plusieurs populations d’Acanthurus coeruleus (Acanthuridae) et de Sparisoma viride (Scaridae) autour de la Guadeloupe.

METHODOLOGIE : pour cette étude, quatre sites ont été choisis afin de représenter les quatre façades littorales de la Guadeloupe (Grand Cul-de-Sac Marin, Pointe à Lézard, Sainte-Anne et Le Moule). Sur chaque site, entre 12 et 15 individus de chaque espèce (Acanthurus coeruleus et Sparisoma viride) sont collectés en apnée. Pour chaque individu, les analyses isotopiques du carbone et de l’azote sont réalisées pour l’approche écologique des espèces et le séquençage d'un panel de gènes mitochondriaux et nucléaires permettra l’étude de la diversité et des flux géniques entre les populations.

Les échantillonnages et les analyses ont été réalisés pour le moment sur les deux premiers sites d’étude. Deux étudiantes en Master 1 BEE de l’Université des Antilles ont participé activement au démarrage de l’étude, lors d’un stage de six semaines au sein du laboratoire. Anais Sicard et Pauline Bascole ont débuté respectivement l’étude des niches isotopiques et la diversité génétique des deux espèces. Les deux étudiantes ont eu l’opportunité de présenter leur travaux et de participer à un concours de poster scientifiques, lors de la Journée des Laboratoires, organisée par l’Association des jeunes Chercheurs (AJC) fin-février 2020 ( Photo 3 ).

Enfin, les résultats du stage de Lewis Celanie seront présentés lors d’une communication orale durant la cinquième édition de la conférence « Caribaea Initiative Research & Conservation Conference », organisée par l’association Caribaea Initiative, qui se déroulera du 1er au 3 Juin 2020 sur l’île de la Barbade (http://caribaea.org/).

LE ROLE DU LABEX : le financement de la bourse de stage par le LabEx CORAIL permet d’initier un nouvel axe de recherche à l’Université des Antilles (UMR BOREA), sur l’écologie trophique et génétique des poissons herbivores. Les résultats des travaux de stage permettront par la suite de proposer des études à plus large échelle spatiale (région Caraïbe) ou sur un plus grand nombre d’espèces.

Crédit images: E.Bezault (1 ), A. Weckel (2) et Y. Debaut (3)

Contact : Charlotte Dromard

 



WORKSHOP
Professeur Franck Dolique
Université des Antilles / UMR BOREA
2018-2019
Projet : REEFSTOR'SAND 

En octobre et novembre 2019, dans le cadre de l'action incitative REEFSTOR'SAND financée par le LabEx CORAIL, le Professeur Franck Dolique de l'Université des Antilles/ UMR BOREA a effectué une mission à Mayotte afin de rencontrer les acteurs du projet ALLIANCE qui travaillent sur les effets de la subsidence d'origine volcanique de l'île sur les écosystèmes coralliens. L’objectif de cette mission était de rencontrer les acteurs sur place, de les intégrer à l'action REEFSTOR'SAND, et d'observer par une campagne de mesures quelles sont premiers effets observables de la subsidence sur les systèmes morphosédimentaires en milieu récifal.

Les acteurs rencontrés étaient :

  • Matthieu JEANSON, MCF au CUFR (Centre Universitaire et de Formation Régionale de Mayotte ; UMR ESPACE-DEV)
  • Thomas CLAVERIE, MCF au CUFR, UMR MARBEC
  • Jean TRIBOULET, MCF, Université de Nîmes, UMR LIRMM
  • Yann MERCKY, technicien, CUFR, UMR MARBEC 
  • Edward ANTHONY, Pr. Aix-Marseille, CNRS, USR LEEISA

Role du LabEx CORAIL : Cette mission, financée par le LabEx CORAIL, correspond à la phase 1 des meetings de l'action REEFSTOR'SAND, qui comprendra également au cours de l'année 2020 la mise en place de réunions d'acteurs en Polynésie (CRIOBE en mars) ; à l'Université de Perpignan (mai ou juin) et un workshop final en juin à l'EPHE de Dinard. Ces réunions aboutiront à la mise en place d'un réseau susceptible de déposer un projet d'excellence auprès de l'ANR, la Fondation de France et sur des projets FEDER.

Grace au LabEx CORAIL, cette première réunion de terrain à Mayotte nous a permis de mettre en place un protocole méthodologique solide sur les caractérisations tidales et subtidales des flux sédimentaires en 3D.

Photos : Mise en place de cibles géoréférencées pour la levée photogrammétrique en 3 dimensions du récif frangeant de BANDRELE (Mayotte)

Contact : Franck Dolique

 



PROFESSEUR INVITÉ
DR CARL MEYER
Université de Hawaii, USA | 2018-2019
Porteur : Eric Clua, Directeur d'Études, École Pratique des Hautes Études (EPHE)/CRIOBE USR 3278

Grâce à un financement du Labex de « professeur invité » obtenu en 2018, le Dr Carl Meyer, scientifique de premier plan concernant l’écologie des requins, a pu séjourner en 2019 au CRIOBE à Moorea où il a collaboré avec le Dr Eric Clua, directeur d’études EPHE. Les deux spécialistes ont pu mettre en perspectives leurs travaux en cours sur le requin tigre Galeocerdo cuvier, espèce emblématique qui est notamment impliquée dans l’écotourisme de plongée en Polynésie française et sur des morsures parfois mortelles sur les surfeurs hawaiiens. De cette collaboration a émergée dès janvier 2020 la publication d’un article scientifique dans Fisheries research (Bègues et al. 2020) sur la prévalence des hameçons autour de la bouche des grands squales liés à leurs interactions fréquentes avec les pêcheries hauturières en Polynésie. Cet article a eu un écho national en France avec la parution d’articles dans la presse nationale (dont Libération) et une invitation de E. Clua à l’émission de France Inter-Inter « la Terre au carré » le mardi 28 janvier. Les deux spécialistes ont aussi mis à profit ce séjour pour élaborer un projet d’étude du requin tigre en Polynésie française qui doit mêler écologie comportementale et éthologie pure à diverses échelles spatiales et temporelles, afin de mieux cerner les enjeux de cette espèce au sommet de la pyramide trophique et au rôle central au sein des écosystèmes coralliens. Un requin tigre de 4 mètres a même été marqué acoustiquement à la mi-décembre dans les eaux de Tahiti. En attendant de nouveaux séjour et marquages avec C. Meyer en Polynésie française !

Crédit images : Eric CLUA/CRIOBE

Contact : Eric Clua

 



LES BOURSES DU LABEX CORAIL
FRÉDÉRIC BERTUCCI
Post-Doctorant | Université des Antilles (UA), Guadeloupe | 2019-2020
Responsable(s) : Malika René Trouillefou, Maître de Conférences, Université des Antilles (UA), et David Lecchini, Directeur d'Études, École Pratique des Hautes Études (EPHE)/CRIOBE USR 3278 PSL Université Paris : EPHE-CNRS-UPVD

En 2019, le LabEx CORAIL a octroyé une bourse post-doctorale au projet EMuL (Etude multi-disciplinaire du littoral ultramarin face aux pressions anthropiques) utilisant l’acoustique passive afin de caractériser l’impact de l’aménagement du littoral dans l’Outre-mer.

OBJECTIF : Le projet EMul a pour but d’étudier l’effet des activités anthropiques sur les indices acoustiques présents dans les environnements sous-marins, en lien avec la qualité du recrutement larvaire et la diversité ichtyologique de Guadeloupe.

LA RECHERCHE : Accueilli au sein de l’Unité BOREA à l’Université des Antilles en Guadeloupe, Frédéric Bertucci (post-doctorant UA-EPHE) pose régulièrement ses micros dans différents habitats du littoral guadeloupéen (mangroves, récifs, herbiers, ports …) afin d’enregistrer et décrire leurs dynamiques acoustiques. En parallèle et afin de pouvoir identifier le maximum d’espèces vocales présentes sur le littoral, il enregistre de nombreuses espèces de poissons en laboratoire. A ce jour, près d’une dizaine d’espèces de la caraïbe ont été enregistrées et permettent de rendre compte pour la première fois de la diversité acoustique de cette région ultramarine française.

L’écologie acoustique fournit ainsi de nouveaux indicateurs pour juger de la qualité des habitats sous-marins du littoral. A plus long terme, les résultats de ces études contribueront à mieux penser la planification spatiale et plus largement l’aménagement du territoire, en préservant la biodiversité marine dans l’Outre-mer français.

En 2020, Mlle Anaïs Hillion, étudiante en 1ere année du Master BEE de l’Université des Antilles effectuera un stage de 6 semaines (Janvier-Février) dans le cadre du projet afin d’étudier 2 sites de Guadeloupe. Elle sera rejointe par Mlle Céline Greeven, étudiante en 2e année de Master à l’Université de Liège qui s’intéressera durant 5 mois (Fevrier-Juin) aux poisons coffres dans la cadre de son mémoire de fin d’études.

LE ROLE DU LABEX : Ce financement permet pour la première fois de mener des études d’écologie acoustique dans la caraïbe francophone et permet une collaboration entre 2 régions de l’Outre-mer : la Guadeloupe et la Polynésie française. Ce projet inter-régions du LABEX a permis outre le partenariat nouveau entre organismes (Unité BOREA et CRIOBE) et chercheurs du LABEX (Pr. Claude Bouchon, Dr. Malika René-Trouillefou, Pr. David Lecchini), d’initier de nouveaux partenariats sur le territoire de Guadeloupe et de structurer de nouveaux projets collaboratifs. Parmi les partenariats initiés dans le cadre du projet EMuL figurent l’Aquarium de Guadeloupe (Thomas Godoc), le BRGM (Ywenn De La Torre), l’association Kap Natirel (Océane Beaufort) auxquels pourrait s’ajouter le Parc National de la Guadeloupe.

Le projet EMuL a également participé à la diffusion des connaissances et des actions du LABEX vers le grand public, à la fois vers des élèves de Terminale Scientifique, lors de la semaine du développement durable du lycée Gerville-Réache de Basse-Terre (19 février 2019) ou lors des 2nde rencontres scientifiques organisées par la Région Guadeloupe (17-18 janvier 2019) à l’Université des Antilles.

Les premiers résultats ont été présentés lors d’une communication orale lors du « Caribbean Scientific Innovation Meeting » qui s’est déroulé du 19 au 22 Octobre 2019 à l’Université des Antilles en Guadeloupe. Une autre communication orale s’effectuera lors du colloque « Vulnérabilités du Patrimoine Récifal » organisé à Montpellier du 10 au 12 Décembre 2019.

Crédit images : P.Y. Pascal

Contact : Fréderic Bertucci
SiteWeb :  sites.google.com/view/fredericbertucci

 



Présentation LabEX CORAIL
LabEx CORAIL : Les récifs coralliens face au changement global de la planète
Décembre 2018

Le 18 décembre, à la Maison des Océans à Paris, lors d'un événement organisé par le LabEx CORAIL en partenariat avec l'Institut océanographique, la Fondation Albert Ier, Prince de Monaco et l'Université de recherche PSL, près de 300 personnes se sont réunies pour célébrer les récifs coralliens. L'événement a également marqué la clôture officielle de l'Année Internationale des Récifs Coralliens, en France.

Lors de l’événement, les principales réalisations du LabEx CORAIL (2010-2017) ainsi qu'un grand nombre des travaux de recherche LabEx financés ont été présentés. Cliquez ici pour voir la présentation dans son intégralité.



LES BOURSES DU LABEX CORAIL
PAULINE FEY
Doctorante | Université de Nouvelle Caledonie | CRIOBE | 2015-2018

Le LabEx CORAIL a octroyé en 2015 une bourse au projet de thèse RETROMAR portant sur l’étude de l’écosystème corallien des îles Marquises, en Polynésie française.

OBJECTIF : L’objectif principal de cette thèse est de caractériser le fonctionnement des réseaux trophiques côtiers marquisiens par une approche multi-traceurs (isotopes stables, acides gras marqueurs trophiques et isotopie sur composés spécifiques).

LA RECHERCHE : Dans ce cadre deux missions d’échantillonnage ont été réalisées sur l’île principale de l’archipel des Marquises: Nuku Hiva. Nuku Hiva présente l’avantage d’être positionnée dans la zone des Marquises où les processus physiques et biologiques sont généralement les plus intenses. Les eaux de surface y sont mieux mélangées, plus riches en éléments nutritifs et ont des concentrations en Chl-a (proxy du phytoplancton) en moyenne trois fois supérieures que la zone sud. Cette île présente également, avec Ua Huka, les plus grandes diversités en espèces pour la flore marine benthique.

Concernant les poissons côtiers, la diversité, la structure de taille et la structure trophique sont relativement similaires d’une île à l’autre et donc d’une région à l’autre. Les abondances sont toutefois plus fortes au nord de l’archipel et notamment autour des grandes îles. Ainsi, bien que l’étude d’une seule île ne permette pas de faire de projections précises sur l’ensemble de l’archipel, les caractéristiques évoquées précédemment font de Nuku Hiva un excellent modèle pour l’étude des relations trophiques du système côtier marquisien.

Les deux missions, l’une en août 2016 et la seconde en mars 2017, ont permis de collecter 2527 échantillons appartenant à différents compartiments trophiques.

LE ROLE DU LABEX : Ce projet, supporté financièrement par le LabEx, a permis de travailler et collaborer avec plusieurs scientifiques issus de différents laboratoires et institutions partout dans le monde: Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), EPHE-CRIOBE, Université de la Polynésie Française (UPF), IRD nouméa et Tahiti, Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), University of California-Davis, Université de La Rochelle LIENSs, Ifremer, Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) Aix Marseille.

Ma thèse en 180 secondes



LES BOURSES DU LABEX CORAIL
HENDRIKJE JORISSEN
Doctorante | EPHE (CRIOBE) | 2016-2019

En 2016, le LabEx CORAIL a octroyé une bourse doctorale au projet CORALINE portant sur l’étude des algues corallines et de leur importance pour le recrutement corallien à Moorea, en Polynésie française.

OBJECTIF : Le projet CORALINE a pour but de comprendre l’association intime algue coralline - corail.

LA RECHERCHE : Les algues corallines sont, après les coraux, les deuxièmes bâtisseurs des récifs coralliens. Pourtant, leur rôle est loin de se limiter à la construction de l'édifice corallien; elles pourraient avoir un rôle-clé comme attracteur de larves de coraux et contribuer à l’ensemencement du microbiome de ces derniers lors des premiers stades de vie. Le projet propose d’unir observations sur le terrain, expériences en laboratoire et techniques de pointe en génétique, microbiologie et écologie chimique et métabolomique environnementale pour caractériser la nature de l’interaction microbienne et chimique entre ces deux holobiontes.

Le projet s’intéresse également aux effets de l’acidification des océans en collaboration avec le projet ACID REEFS financé par la Fondation de France. Si l’augmentation de la température de l’eau de mer a des effets dévastateurs sur les récifs coralliens, il existe aujourd’hui un autre problème : l’acidification des océans (AO). En fragilisant le squelette des algues corallines et en modifiant leurs caractéristiques microbiennes et chimiques, l’AO pourrait entraîner un affaiblissement des structures coralliennes édifiées et une chute du recrutement corallien autour des îles tropicales et avoir des répercussions sur la biodiversité de ces écosystèmes et leurs services associés.

La doctorante Hendrikje Jorissen (EPHE), supporté financièrement par le LabEx, et l’ingénieur d’étude Yann Lacube (CNRS), soutenu par le projet ACID REEFS, travaillent sur ces sujets. Ils sont accompagnés par Anaïs Martin (étudiante à Paris Descartes) et Rachael Lamore (étudiante à California Polytechnic University). L’équipe a déjà passé plus que deux mois sur le terrain et ils ont collecté plusieurs espèces d’algues corallines. Celles-ci sont acclimatées dans des mésocosmes et exposées à différentes concentrations de CO2 dans les laboratoires du CRIOBE. Les expériences vont durer plusieurs mois au cours desquels les algues corallines seront mises en présence de larves de coraux. Des échantillons seront prélevés au cours des expériences et analysés en métropole.

LE ROLE DU LABEX : En plus de soutenir une équipe de recherche et de permettre la formation d’une jeune doctorante, le LabEx CORAIL va ouvrir de nouvelles portes sur la structuration et le fonctionnement des récifs coralliens et les effets des changements globaux sur les interactions entre organismes.